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La vie privée, un problème de vieux cons ?
| La vie privée, un problème de vieux cons ? |
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| Écrit par Guadeloupe | |
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Sommes-nous aussi coincés et procéduriers au regard de notre vie privée que la société de nos grands-parents l'était en matière de sexualité ? Dit autrement : assiste-t-on aux prémices d'un bouleversement similaire, d'un point de vue identitaire, à celui de la révolution sexuelle ?
C'est la thèse esquissée dans un très intéressant article consacré aux bénéfices sociaux, personnels et professionnels…
Sommes-nous aussi coincés et procéduriers au regard de notre vie privée que la société de nos grands-parents l’était en matière de sexualité ? Dit autrement : assiste-t-on aux prémices d’un bouleversement similaire, d’un point de vue identitaire, à celui de la révolution sexuelle ?
Pour le professeur Ravi Sandhu, responsable de l’Institut de la cyber sécurité à l’université du Texas à San Antonio, l’absence de pudeur des “natifs du numérique” (traduction de digitals natives, le surnom donné à ceux qui ont grandi environné de technologies de l’information) serait comparable à l’attitude désinhibée avec laquelle les jeunes des années 60-70 abordaient la sexualité :
Ce qui n’a pas empêché la libération sexuelle d’avoir lieu, et de profiter, in fine, à l’ensemble de la société. La thèse est intéressante, la personnalité de ses auteurs ne l’est pas moins. Don Peppers et Martha Rogers, les auteurs de l’article, sont à la tête d’un cabinet de consultants spécialistes de la relation clients, et 1to1media, le journal où a été publié leur article, en est une filiale. Ravi Sandhu, quant à lui, déclarait récemment qu’il travaillait “en synergie” avec la National Security Agency (NSA), le plus important des services de renseignement américains, qui a pour mission d’espionner les télécommunications : la NSA vient en effet d’implanter un nouveau supercentre de “fouille de données” (data mining, en VO) à San Antonio, et elle embauche un certain nombre des étudiants de Sandhu.
Big Brother, un truc de vieux ?Récemment on apprenait que si un mineur sur cinq fait effectivement l’objet d’avance sexuelle via l’internet (une proportion tombée de 19 à 13% entre l’an 2000 et 2006), 90 % de ces “avances” sont le fait de personnes du même âge. Ces avances relèveraient, pour l’essentiel, de plaisanteries, mais feraient aussi de plus en plus partie du “nouvel ordre” amoureux : aux Etats-Unis, un adolescent sur cinq, et un jeune adulte sur trois, ont ainsi déjà envoyé des photos ou vidéos d’eux-mêmes, nus ou à moitié nus, par l’internet ou le téléphone mobile. En France, un rapport parlementaire avançait il y a peu que de nombreux collégiens n’iraient plus aux toilettes de peur d’y être photographiés. Et les 3/4 des jeunes Américains sondés reconnaissent qu’envoyer des contenus sexuellement suggestifs “peut avoir des conséquences négatives sérieuses”, d’autant qu’ils savent (à 44 %) que ces contenus peuvent être partagés avec d’autres personnes que les premiers destinataires. En tout état de cause, le jeu en vaudrait la chandelle : les éventuels dommages collatéraux que permettent ces technologies, complètement intégrées dans leurs vies, ne leur font pas plus peur que l’utilisation de la voiture, pourtant bien plus mortelle, n’effraie leurs parents. Slate.fr publiait ainsi récemment une chronique de Matthieu Josse intitulé La peur de la géolocalisation, c’est un truc de vieux ? :
Comme s’il était “normal” de pouvoir géolocaliser son enfant, alors qu’il ne le serait pas de le faire entre adultes. Comme si les “natifs du numérique” avaient complètement intégré le fait de pouvoir, en tout temps et tout lieu, être surveillé par une technologie. Mieux : loin de le percevoir comme une atteinte potentielle à leur vie privée, ils se focalisent sur l’utilité sociale, et les bénéfices, que d’autres d’abord, et eux ensuite, pourraient en tirer. Lors de l’université de printemps de la Fing de 2007, consacrée aux apprentis sorciers, plusieurs étudiants de l’Ecole nationale supérieure de création industrielle (Ensci) ne comprenaient pas pourquoi nous étions plusieurs à être perturbés par leur façon décomplexée d’imaginer des usages ludiques -et commercialisables- des technologies de surveillance (leurs affiches illustrent ce billet). Plus précisément, ils estimaient que si nous avions été choqués, c’est parce que nous étions “vieux“, que ces technologies faisaient partie de leur vie, qu’ils avaient grandi avec, qu’elles ne leur posaient pas de problèmes et que nous devrions bien nous y adapter. Le parallèle avec la révolution sexuelle s’arrête là. Au siècle dernier, les jeunes -et notamment les femmes- dénonçaient les tabous et carcans de la société, et voulaient plus de libertés. Aujourd’hui, les natifs du numérique ne militent pas “contre“, mais “pour” : ils vont dans le sens du vent, non seulement de ceux qui font profession de nous “profiler“, mais aussi de ceux qui prônent les notions de bien commun et de partage des données, pour une redéfinition de la notion de propriété tel qu’on le voit à l’oeuvre avec la culture du “Libre” (créative commons, logiciels libres).
Tous “à poil” sur le Net ?Olivier Auber, volontiers provocateur, lançait pour sa part, l’an passé, et un peu à la manière de certaines communautés des années 70, un Club des naturistes numériques sur Facebook :
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